Pourquoi est-ce que j’appelle aujourd’hui affectueusement mon parcours entrepreneurial « ma bio interdite » ?

Parce qu’en France en général, et sur Linkedin en particulier, on vous demandera toujours de vous définir sur le plan professionnel en remplissant des petites cases toutes prêtes et bien propres. Des petites cases qui s’emboîtent correctement les unes derrière les autres…

Mais comment fait-on pour remplir ces petites cases quand on a eu une vie riche en expériences variées ? Quand on est passée du salariat à l’entrepreneuriat, avec des succès et des échecs, et des reconversions totales ? Sans parler des arrêts de travail liés aux enfants, et de tous les aléas de nos vies d’aujourd’hui type burn-out, divorce (ou encore licenciement, accident, maladie, deuil…

Comment doit-on en parler quand on se présente ou qu’on veut réseauter ?

Et surtout, combien sommes-nous dans ce cas-là aujourd’hui ?

A avoir des histoires de vie incroyables à partager ? Des histoires qui parlent de reconversion, de résilience, voire de renaissance ? Des histoires parfois si difficiles à raconter, mais qui vous amènent un jour à un point précis où vos étoiles s’alignent, et où vous voilà prête à tout recommencer ?

Voici la mienne, je vous en laisse juge…

De Nouméa à Paris

Originaire de Nouvelle-Calédonie où j’ai vécu jusqu’à mes 18 ans, je suis venue à Paris poursuivre des études supérieures, d’abord dans une voie scientifique, puis (virage stratégique…) commerciale.

Diplômée d’une Ecole de Commerce (ESG) en 1987, j’ai été salariée pendant 5 ans au sein de 2 sociétés (d’abord une PME puis un grand groupe international) dans des fonctions variées mais en constante progression : assistante administrative, contrôleuse de gestion, auditrice externe, directrice de pôle comptabilité, directrice générale.

J’étais à l’époque la parfaite incarnation de la jeune diplômée ambitieuse en mode dents qui rayent le parquet.

mon parcours entrepreneurial - business woman

Virage n°1

En 1992, au bord du burn-out et suite au décès de mon papa, j’ai décidé de quitter la belle carrière de cadre supérieure qui m’était promise pour prendre une année sabbatique et trouver une idée. Parce que je voulais me réaliser autrement que dans le salariat. Mon père était un self-made man qui avait plutôt bien réussi dans les affaires (et qui l’a payé d’un double cancer en nous quittant bien trop tôt) Mais oui, j’avais un environnement familial « propice » comme on dit.

J’ai suivi une formation pour être fleuriste, passé le CAP pour plus de légitimité (ouf, je l’ai eu…) et ouvert un magasin de fleurs et décoration à Paris, rue Monge. Début de mon parcours entrepreneurial, avec un Bac + 5 complété par un CAP. On en parle du syndrome de l’imposteur ?

Je m’imaginais déjà à la tête de la première franchise de fleurs française…

Mais créer un business ne veut pas dire savoir gérer une entreprise.

Virage n°2

En juin 1996, j’ai dû me résoudre à fermer ma petite entreprise, laminée par les grèves générales des transports de l’hiver précédent, mais SURTOUT par :

  • mon inexpérience (parce que oui, on peut être diplômée d’une Ecole de Commerce, et avoir été cadre dans la finance, sans pour autant être chef d’entreprise)
  • mes mauvais choix en matière d’investissements et d’associée
  • et plus globalement par de nombreuses erreurs de gestion

J’ai pris la première grande claque de ma vie, moi qui avais toujours tout réussi jusque là.

De 1997 à 2004, j’ai failli racheter un commerce de cuisiniste et décoration intérieure, ensuite j’ai monté un atelier de mosaïque. Je me suis mariée, j’ai travaillé pour mon mari, j’ai fait 2 enfants, (qui resteront pour toujours mes plus belles réussites !) et pendant mes grossesses j’ai écrit 2 romans policiers (non édités). Et je ne sais pas du tout où caser tout cela dans un « parcours entrepreneurial »…

Cap sur le Lubéron (virage n°3)

Et puis en 2004 nous avons décidé de quitter Paris pour aller vivre dans un petit village en Provence. Avec le recul, j’ai peut-être commis là la pire erreur de ma vie… Malgré le gain énorme en qualité de vie pour toute la famille, ce n’était pas le bon choix.

Et si c’était à refaire je ne le referai pas, ou alors dans d’autres conditions. En posant, justement, mes conditions, au lieu de laisser couler ma vie…

mon parcours entrepreneurial - provence piscine

Alors bien sûr, il y a eu de très bons moments pendant les années qui ont suivi. Je suis heureuse et fière d’avoir offert à mes filles 9 années d’une enfance magique au soleil, en pleine campagne au milieu des vergers, avec une piscine et un grand jardin rempli de roses, de lavande et d’animaux… Mais ces 9 années, je dois bien avouer que je me les suis volées à moi-même. Et j’y ai perdu beaucoup (tout ce que j’avais, en fait), en liens familiaux cassés et en patrimoine personnel dilapidé.

Pourtant, malgré cette étiquette de « mère au foyer », je ne suis jamais restée inactive. Je cherchais toujours des activités me permettant de concilier mes conditions de vie et de me procurer un minimum d’autonomie financière.

Virage n°4

J’ai découvert le scrapbooking en 2006 quand ma seconde fille est entrée en maternelle. Et j’ai ouvert mon premier blog début 2008. De là remontent mes premières amours avec Internet. Très vite, j’ai créé mon propre atelier, puis monté une association et un forum à dimension européenne. J’ai organisé 3 ans de suite une manifestation réunissant 80 personnes pendant 2 jours dans le petit village où j’habitais.

En parallèle, je me suis lancée en 2010 dans la création de confitures artisanales made in Provence et décorées façon scrapbooking (faire simple, toujours…). J’ai alors créé des assortiments de confitures originales dans des paniers de saison. Logiquement, j’ai ouvert ma première boutique en ligne, et exporté jusqu’en Allemagne de la confiture de pêches blanches à la rose (une tuerie absolue !)

Peut-on qualifier toutes ces expériences d’étapes dans mon parcours entrepreneurial ?

Oui, mille fois oui ! Pourtant toutes ces activités, si elles me comblaient sur le plan de la créativité, restaient artisanales, chronophages, et très peu rémunératrices (de l’ordre de 3,50 euros de l’heure au final…)

Et surtout absolument pas reconnues ni même appréciées par mon entourage. Mais en me renouvelant comme ça sans arrêt, j’ai appris tellement, sur le tas, et dans tant de domaines !

Virage n°5

C’est en avril 2012 que j’ai vraiment découvert le marketing digital et décidé d’en faire mon nouvel univers métier.

Formations en présentiel, tutos divers, et bien entendu une boulimie absolue de contenus, lectures, articles de blog etc, sur le sujet. En août j’ai décroché un stage étudiant de 6 mois (à 49 ans, pas peu fière…) dans une agence digitale à Aix-en-Provence à 70 kms de là où j’habitais. Dans cette société, toutes les personnes (ou presque) avec lesquelles je travaillais auraient pu être mes enfants…

Fin de la partie « famille » en juillet 2103, et début de ma seconde vie.

Un nouveau parcours entrepreneurial

Rentrée en région parisienne, j’ai cherché sans succès (étonnant…) un poste en entreprise en tant que Community Manager. J’ai donc décidé de lancer dès octobre 2103 mon blog de marketing digital, puis ma propre agence, avec la marque Gimme Social Web.

Non, le virus de l’entrepreneuriat ne se perd pas si facilement en fait…

Ne le répétez pas, mais je suis une grande fan du groupe Abba.

Entre l’évolution de mes missions, et une agence à géométrie variable selon les dossiers, j’ai dû faire évoluer plusieurs fois mon positionnement de marque. J’ai fait de l’animation de réseaux sociaux pour petits et gros clients, de la création de sites internet, puis de l’optimisation SEO, de la réflexion stratégique…

Je suis montée en compétences dans cet univers tout en continuant à bloguer régulièrement sur le sujet, avec des articles orientés vulgarisation du marketing digital auprès des entrepreneurs.

J’ai également à plusieurs reprises animé des formations Social Media, notamment en 2016 pour l’IMCI (Institut des Médias et de la Communication sur Internet)

En fait, j’ai peu à peu pris conscience que j’ai toujours été animée par la volonté de transmettre mes connaissances.

Virage n°6

Fin 2014, j’ai co-fondé avec mon nouveau compagnon My Digital Event, un collectif d’experts proposant de la digitalisation d’événements. Puis en 2017 j’ai participé à son aventure Madame Pepper Consulting, qui nous a conduits à quitter la France en août 2019 pour nous établir à Maurice. Une nouvelle étape dans ce parcours entrepreneurial déjà bien fourni ! Mais j’ai gardé toute mon activité et ma clientèle française.

Début 2017 j’ai aussi intégré en parallèle l’école LiveMentor, où j’ai suivi des cours sur le marketing digital, Facebook, Instagram, la productivité et la formation.

Ce sont ces différents enseignements et surtout cet environnement créatif et stimulant qui m’ont permis petit à petit de concevoir mon projet d’accompagnement global spécifiquement dédié aux personnes qui se lancent ou se relancent dans l’entrepreneuriat après une reconversion. Et qui très souvent ne sont pas à l’aise avec les outils du digital.

En 2019, j’ai commencé à coacher individuellement des entrepreneurs dans leur stratégie digitale et plus globalement, dans leur développement d’entreprise.

Et j’ai adoré ça ! Mes étoiles étaient enfin alignées, et j’étais prête à me lancer…

Enfin j’ai démarré l’aventure Le Chemin des Boss en lançant (l’ancien) site le 22 novembre 2020 très exactement à 1h30 du matin après un marathon final de 75 heures de travail en 6 jours…

Et cette aventure s’écrit désormais chaque jour, nourrie de toutes mes expériences passées et de toutes mes rencontres nouvelles avec des entrepreneurs formidables.

Envie de me/nous rejoindre ? Découvrez les formations Le Chemin des Boss.

Valérie Bernard - Le Chemin des Boss

Fondatrice – Le Chemin des Boss

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